Tondre, tailler les haies, désherber, ramasser les feuilles : l'entretien d'un jardin prend du temps, surtout au printemps et à l'automne. Confier ces tâches à un jardinier coûte moins cher qu'on ne le croit, car les petits travaux de jardinage font partie des services à la personne et ouvrent droit à un crédit d'impôt. Encore faut-il distinguer l'entretien courant de la création paysagère, et savoir ce qui est réellement couvert par l'avantage fiscal. Voici les prix pratiqués à titre indicatif, les règles à connaître et la manière de choisir un professionnel fiable.
Jardinier, paysagiste, élagueur : qui fait quoi ?
- Le jardinier d'entretien assure les travaux courants : tonte, taille des haies et des arbustes, désherbage, bêchage, ramassage des feuilles, arrosage pendant vos absences. Ce sont ces tâches qui relèvent des services à la personne.
- Le paysagiste conçoit et aménage : création de massifs, engazonnement, plantation de haies, allées, terrasses, clôtures, arrosage automatique. Ces travaux de création ne relèvent pas du crédit d'impôt services à la personne.
- L'élagueur ou arboriste-grimpeur intervient sur les grands arbres, en hauteur et avec des techniques de sécurité spécifiques. Pour un arbre proche d'une maison ou d'une ligne électrique, c'est lui qu'il faut appeler.
Combien coûte un jardinier ?
Les tarifs ci-dessous sont des ordres de grandeur, à titre indicatif, avant avantage fiscal :
- Entretien courant par un professionnel déclaré : environ 25 à 50 € de l'heure selon la région et le matériel apporté.
- Tonte d'une pelouse de taille moyenne : souvent facturée au forfait par passage, ou à l'heure.
- Taille de haie : fréquemment chiffrée au mètre linéaire, avec un prix qui augmente nettement avec la hauteur et l'épaisseur.
- Évacuation des déchets verts : souvent facturée en supplément, au passage ou au volume.
- Contrat annuel d'entretien : un nombre de passages fixé à l'avance, réparti sur les saisons, souvent plus avantageux que des interventions ponctuelles.
Le prix d'un jardin dépend surtout de sa surface, de son accessibilité (portail étroit, terrain en pente), de l'état de départ et de la fréquence des passages : un jardin entretenu régulièrement coûte moins cher à l'heure qu'une friche à reprendre une fois par an.
Le crédit d'impôt pour les petits travaux de jardinage
Les petits travaux de jardinage réalisés à votre domicile ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 % des sommes versées, dans le cadre des services à la personne. Ce qu'il faut retenir :
- Les dépenses de jardinage sont retenues dans la limite d'un plafond spécifique de 5 000 € par an et par foyer, soit un crédit maximal de 2 500 €. Ce plafond s'inscrit dans le plafond global des services à la personne.
- Seul l'entretien courant est concerné. La création d'un jardin, les travaux d'aménagement paysager ou l'élagage technique en sont en général exclus.
- Le jardinier doit être soit votre salarié déclaré (par le CESU), soit une entreprise ou un auto-entrepreneur déclaré comme organisme de services à la personne.
- C'est un crédit et non une réduction : vous en bénéficiez même si vous n'êtes pas imposable. Les conditions à jour figurent sur impots.gouv.fr.
Avec l'avance immédiate proposée par certains prestataires ou par le service CESU+, vous ne réglez que la moitié de la dépense au moment de payer, au lieu d'attendre le remboursement l'année suivante.
Les règles à connaître dans votre jardin
- Déchets verts : leur brûlage à l'air libre est en règle générale interdit. Ils se compostent, se broient ou se déposent en déchetterie. Demandez qui s'en charge et à quel prix.
- Distances de plantation : le Code civil impose, sauf règlement local ou usage contraire, une distance de deux mètres de la limite de propriété pour les plantations dépassant deux mètres de haut, et de cinquante centimètres pour les autres. Un bon jardinier vous le rappellera avant de planter.
- Pesticides : les produits phytosanitaires chimiques de synthèse sont interdits aux particuliers pour leur jardin. Un professionnel sérieux privilégie le désherbage manuel ou mécanique et le paillage.
- Bruit : les horaires d'utilisation des tondeuses et taille-haies à moteur sont souvent encadrés par un arrêté municipal ou préfectoral. Votre mairie vous les indiquera.
- Débroussaillement : dans les communes exposées aux feux de forêt, une obligation légale de débroussaillement peut s'imposer autour des habitations. Renseignez-vous en mairie si vous habitez près d'un massif boisé.
Comment vérifier un jardinier
Un jardinier qui vous annonce un crédit d'impôt doit pouvoir le justifier. Demandez-lui son numéro SIRET et contrôlez-le sur l'Annuaire des Entreprises : l'entreprise doit être active et son activité déclarée doit correspondre à l'entretien d'espaces verts ou aux services à la personne. Il doit aussi vous indiquer son numéro de déclaration de services à la personne, qui figurera sur ses factures et sur l'attestation fiscale qu'il vous remettra en début d'année. Pour des travaux de taille en hauteur ou d'abattage, assurez-vous enfin qu'il est couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle : une branche qui tombe sur la véranda du voisin peut coûter très cher.
Les questions à poser avant de commencer
- Le matériel (tondeuse, taille-haie, souffleur) est-il fourni et inclus dans le prix ?
- L'évacuation des déchets verts est-elle comprise ? Sinon, combien coûte-t-elle ?
- Combien de passages par an prévoit le contrat, et à quelle période ?
- Que se passe-t-il en cas de pluie le jour prévu ?
- Remettrez-vous une attestation fiscale en fin d'année ?
Les signaux d'alerte
- Un démarcheur qui sonne à la porte pour proposer d'élaguer « tout de suite » vos arbres et exige d'être payé en espèces le jour même.
- Une promesse de crédit d'impôt pour des travaux de création ou d'aménagement qui n'y donnent pas droit.
- Un devis sans détail des tâches, de la fréquence ni du traitement des déchets.
- Un intervenant qui ne peut fournir ni facture ni numéro d'entreprise.
Questions fréquentes
La création d'une pelouse ouvre-t-elle droit au crédit d'impôt ?
En général non : le crédit vise les petits travaux d'entretien. L'engazonnement, la plantation d'une nouvelle haie ou l'aménagement d'allées relèvent de la création paysagère.
Quand faire tailler sa haie ?
Les tailles importantes se font plutôt en fin d'hiver ou en fin d'été, en évitant la période de nidification des oiseaux au printemps. Une taille d'entretien légère reste possible le reste de l'année.
Puis-je employer directement un jardinier ?
Oui, en le déclarant par le CESU auprès de l'Urssaf. Vous devenez alors employeur, avec les obligations correspondantes, et bénéficiez du même crédit d'impôt.
Faut-il un contrat annuel ?
Ce n'est pas obligatoire, mais il garantit des passages réguliers aux bons moments de l'année, ce qui évite de payer ensuite une remise en état complète.
Pour trouver un jardinier ou un paysagiste près de chez vous, parcourez les professionnels du jardinage référencés par ville sur NegociosCerca, avec adresse et téléphone. Les fiches sont rapprochées du registre officiel des entreprises ; notre méthode décrit les contrôles effectués.